Le
petit enfant, dans son monde émotionnel, fait de nombreuses fois
l'expérience du beau, par exemple, lorsqu'il voit la neige, pour la première fois. Ces instants-là sont des moments uniques, des instants de
grâce.
Si nous perdons, plus tard, l'expérience de l'unique
enfermés dans la course à la comparaison, la compétitivité, la recherche
de la performance, nous perdons une partie de nous-mêmes.
L'intérêt
majeur d'introduire dès l'enfance le processus artistique naturel dans
la pédagogie est de pouvoir donner à l'être le sentiment de la
légitimité de son unicité.
Il ne faut surtout pas confondre le
fait d'être unique et celui d'être égocentrique. L'égocentrisme se
construit sur la peur de ne pas être aimé pour ce que l'on est. Le
sentiment d'être unique et légitime donne l'assurance de se sentir aimé tel que l'on est. On trouve plus facilement sa place dans ce monde,
avec moins de souffrances et en faisant moins de dégâts, car c'est en
étant conscient de la nécessité de notre présence indispensable que nos
oeuvres prennent plus de force. Elles sont un prolongement de
nous-mêmes, de notre être en action sur cette terre et de notre âme en
quête d'expériences et de transformations.
Plus tôt, le processus
artistique est intégré, plus vite l'être peut se faire confiance et
libérer son imagination créative. Celle-ci lui fera retrouver, à travers
la création, l'âme du petit enfant, revivre des moments uniques et
ainsi retrouver, par instant, un état de grâce originelle.
Libérer
sa créativité ne veut pas dire devenir un artiste mais exister sans
douter de sa place, en se faisant confiance, en se laissant guider par
ses émotions, ses sentiments profonds, en les écoutant. On comprend
mieux ainsi la nécessité de faire son propre chemin sans se comparer. On vit la
légitimité d'être unique en ce monde pour se construire, comme un arbre
qui s'élance relié à la terre et au ciel et qui grandit.
A l'infini : ici à l'image de l'âme qui, de vie en vie, revient vivre de nouvelles expériences et qui va, au travers des aléas de l'existence, se transformer. Au-delà : pour rappeler les liens qui se tissent chaque jour entre le visible et l'invisible.
dimanche 3 décembre 2017
vendredi 1 décembre 2017
On ne serait être unique si les autres ne le sont pas...
On ne serait être unique si les autres ne le sont pas. L'être en question ne serait alors qu'un échantillon bizarre. L'unicité de chacun réplique qu'elle est un fait universel. Force nous est de constater ce paradoxe : unicité est à voir avec l'universalité. Un paradoxe qui n'en est pas un, au contraire, il est dans la logique des choses, car plus on est unique soi-même, plus on doit avoir le sens de l'autre en tant qu'unicité et plus on est capable d'accorder à l'autre respect et valeur. C'est même la base à partir de laquelle est la possibilité de l'amour.
De l'Âme, de François Cheng.
mardi 7 novembre 2017
L'amour dans l'âme...
Extrait du livre
7 septembre
Rilke écrit dans une lettre à Antoinette de Bonstetten : décidément , sa Correspondance m'est d'un enseignement inépuisable : "l'autre n'est toujours qu'un détour vers nous". Comme s'il nous fallait mettre nos idées au clair en livrant à l'autre notre tête à tête avec nous-mêmes, au fond... Ainsi, parfois des âmes se répondent d'un instant à l'autre, d'une éternité à l'autre, sans avoir conscience même de ce dialogue qui n'appartient qu"à la Conscience suprême - me voilà dans mon emphase habituelle, dirait-on, dans ce que d'aucuns nommeront de grands mots. Maladresse sans doute, mais profonde vérité.
Je lis en russe un poème de Marina Tsavétaïeva, qui écrit : "A l'heure profonde de l'äme...", et c'est l'heure de chacun, dans les temps de bouleversement et de détresse, aussi j'ai envie de prolonger sa méditation par ces mots de Rilke, puisque leurs pensées se ressemblent tellement, et veulent parfois s'épouser, d'une langue à l'autre : "A qui demander le secret de nous-mêmes ?" Et là, face à la beauté de la vie, face à ma recherche de vérité, que m'importent des restrictions de liberté matérielle, de pain ou des limites injustes, plus fallacieuses que réellement mensongères ?
Etty Hillesum par Olympia Alberti
lundi 9 octobre 2017
La beauté au fil des jours...
"J'ai été très tôt sensible à ce qui pourrait nous sauver, alors
même que je n'avais qu'une conscience obscure de ce qui pouvait me
perdre; Si l'arc-en-ciel qui succède à la pluie est splendide, celui
qui naît de notre conscience de sa beauté est incomparable" (C.Bobin, la
lumière du monde).
Cette conscience de la beauté est une respiration
divine. On regarde la mer sans entendre les
bruits au loin. Dans le silence et sans attente, la communion se fait et ce partage glisse doucement à l'intérieur de soi comme une présence silencieuse qui remplit de plénitude.
Il en va de même, chaque jour, de la beauté des synchronicités, des analogies et des mots qui résonnent au hasard et qui viennent s'enfiler comme des perles sur le fil de nos histoires.
Cette beauté invisible est tout aussi profonde et se glisse dans les méandres de la vie. C'est au fil des jours dépourvus d"intentions que les réponses se font les plus vibrantes. Elles creusent leur sillage dans le secret de notre terre intérieure pour dessiner la trace de la prochaine destination. Tourné vers l'inconnu rempli de promesses, on échappe, balloté, au naufrage de nos doutes.
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| Manessier |
Il en va de même, chaque jour, de la beauté des synchronicités, des analogies et des mots qui résonnent au hasard et qui viennent s'enfiler comme des perles sur le fil de nos histoires.
Cette beauté invisible est tout aussi profonde et se glisse dans les méandres de la vie. C'est au fil des jours dépourvus d"intentions que les réponses se font les plus vibrantes. Elles creusent leur sillage dans le secret de notre terre intérieure pour dessiner la trace de la prochaine destination. Tourné vers l'inconnu rempli de promesses, on échappe, balloté, au naufrage de nos doutes.
mercredi 19 juillet 2017
Grands-Pas
Voyez le
soleil qui se couche dans un grand incendie ! C'est la fin de la chute
de bien des choses et d'un changement dans les fortunes du monde.
Aragorn
| Minas Tirith |
Il y a dans le personnage de Grands-Pas à la fois un mystère qui fascine et un respect qui éclaire notre dignité intérieure. Lorsque l'on sait renoncer à tout et que l'on ne craint rien, on peut cheminer longtemps. La résistance est sans appel et le chef des Dunedain du Nord est endurant. Il ne se rabaisse jamais à de petites mesquineries car il a bien trop de respect pour le sens du devoir. Il ne s'attribue pas non plus le succès des autres pour briller. Et si Aragorn se révèle au grand jour sous la couronne de Minas Tirith c'est pour redonner force à l'arbre blanc, celui de la vie, et prospérité au royaume du Gondor.
Le
renoncement demande une volonté inouïe et c'est ici que l'on peut se
demander si Grands-Pas n'est pas le précurseur de certains esprits
éclairés qui, plus tard, trouveront dans cette énergie la force qui
maintient l'Univers.
Grands-Pas
est discret mais sait se faire entendre. Il sait motiver ses troupes et
accepte même de s'allier aux mercenaires fantômes pour combattre les
forces obscures qui anéantissent la terre du Milieu. La particularité
d'un tel personnage est sa connaissance du royaume elfique et sa nature
loyale. Il rassure car sa transparence et sa sincérité n'ont jamais
connu de corruptions. Il avance sans jamais s'arrêter. Tout au long de
son chemin, son austérité et son sérieux prennent du sens. C'est un
homme qui ne s'arrête jamais et qui avance sans détour. Dans ces temps
de menaces et de tensions conflictuelles, il sait que seuls les liens
solides et stables contribueront à la bonne marche vers la restauration
de la paix. Sa victoire, devant les portes du Mordor, donnera raison à
son courage.
A
l'image de Grands-Pas, on se trouve aussi parfois face à son destin.
L'opportunité de se révéler est alors offerte afin d'y découvrir sa
royauté intérieure. En effet, la vraie royauté n'est pas toujours celle
qui affiche le plus d'éclat car l'or, s'il n'est pas lumière, peut
corrompre et asservir. Mais devant l'Anneau de pouvoir, ni le coeur, ni
l'âme de cet homme n'auront jamais fléchi.
Il
y a certainement au fond de chacun de nous un petit peu de son
histoire, du moins l'intention simple et sincère de résister aux pièges
des petites trahisons des uns et des autres et de se concentrer
loyalement aux tâches à accomplir.
Aragorn hérite de la sagesse de Grands-Pas, comme nous pouvons tous hériter de la richesse des aléas
de notre vie : "Pas
comme un mendiant, dit Aargorn, dites plutôt comme le Capitaine des
rodeurs, qui sont peu accoutumés aux villes et aux maisons de pierres."
de notre vie : "Pas
comme un mendiant, dit Aargorn, dites plutôt comme le Capitaine des
rodeurs, qui sont peu accoutumés aux villes et aux maisons de pierres."
Ainsi,
c'est en s'acceptant pleinement tel que l'on est que l'on arrive
naturellement à ce sentiment
profond d'estime de soi pour demeurer fidèle à son destin. C'est aussi
dans cette pleine et entière acceptation que l'on traverse sa vie sans
essayer d'y échapper. C'est enfin sachant parfois renoncer à ce qui
pourtant semble nous revenir de droit que l'on se découvre vraiment,
qu'émerge une vraie maturité qui repousse toutes formes d'avidité, une
sagesse offerte au monde qui permet de grandir.
mardi 11 juillet 2017
samedi 27 mai 2017
Le coeur, un travailleur solaire.
Il est rare de rencontrer
quelqu'un, qu'on voit beaucoup de monde ou que l'on soit ce qu'on
appelle un solitaire. La plupart des gens rendent très difficile de les
rencontrer parce qu'ils ne sont pas vraiment dans leur parole ou parce
qu'ils sont sans âme.Je fais toujours à l'autre le crédit incroyable de son existence, mais ce crédit va s'user si l'autre a gâché cette merveille-là pour devenir comme tout le monde. Comment parler avec personne ? c'est impossible. Parfois le désir de partager est si fort que je vais, quand même tenter ma chance, mais souvent en vain. Les opinions ne m'intéressent pas. Ce qui me touche c'est quand l'autre met tout le poids de sa vie dans la balance des mots et que sa pensée s'appuie sur ça.
(...)
J'ai toujours considéré qu'un écrivain avait plutôt des devoirs que des droits, et un de ces devoirs est d'aider à vivre. Si j'ai mis de la lumière dans mes livres, c'est aussi pour ne pas assombrir l'autre par courtoisie pour celui qui me lit. Il m'a toujours semblé qu'il existait assez d'écrivains qui se font le devoir d'assombrir la vie. Les artistes se donnent souvent une espèce de droit de grossièreté. Sous prétexte qu'ils aient du talent, ils croient avoir tous les droits. (...) le coeur est un travailleur solaire. Le courage n'est pas de peindre cette vie comme un enfer puisqu'elle en est si souvent un : c'est de la voir telle et maintenir malgré tout l'espoir du paradis.
(....)
Extrait de la lumière du monde, Christian Bobin.
lundi 17 avril 2017
L'arbre et la lumière du ciel
"Seule la lumière qui tombe continuellement du ciel fournit à un arbre
l'énergie qui enfouit profondément dans la terre ses puissantes
racines. L'arbre est en réalité enraciné dans le ciel."Pour arracher l'être humain au sort du déracinement, Simone Weil ne propose nullement un quelconque "retour au terroir". Il n'y a pour elle de re-enracinement valable que dans la racine même de l'être, dans ce par quoi l'univers vivant est advenu, dans un ordre surnaturel bien saisi qui assure au destin humain un devenir juste et ouvert."
(François Cheng reprend les mots de SimoneWeil dans de l'âme, p. 129 à 131.)
samedi 4 mars 2017
La sublimation de l'amour impossible
Alors je devrais vivre rongée de chagrin.
Pourquoi ? En ce qui me concerne je jouis encore de toute ma raison et je sais pourtant que celui que j'adore ne m'appartiendra jamais en ce monde.
Dans l'au-delà sans doute car Dieu est bon.
Je ne sais. Je le vois vivre et cela me suffit. S'il meurt ma vie continuera peut-être, mais, intérieurement, je serai morte..."
Extrait de la "Dame de Grenade", Sarah Cournac, Ed. la feuille de thé, 2015.
(...) Qu'il puisse quotidiennement contempler l'être de son coeur, intimement et silencieusement, fût ce
à l'insu de l'autre, c'est déjà un rare bonheur dans ce monde. (...)
à l'insu de l'autre, c'est déjà un rare bonheur dans ce monde. (...)
(...) A Dao-Sheng surpris de sa présence elle sourit avec naturel et dit: "
Je sors aujourd'hui pour la première fois, et je viens vous remercier
de m'avoir guérie."
Dao-Sheng répond d'une voix claire: "Il ne faut pas me remercier. Si Madame est guérie, c'est grâce à la protection du ciel!"
Puis il sourit aussi. Ces phrases d'une tournure bien trop formelle, sont destinées avant tout aux gens à côté qui écoutent ; leur vrai langage est leur sourire. Oui, c'est seulement par le sourire que désormais ils pourront communiquer.
Extrait de L'eternité n'est pas de trop, François Cheng, ed. le livre de poche, 2003.
Dao-Sheng répond d'une voix claire: "Il ne faut pas me remercier. Si Madame est guérie, c'est grâce à la protection du ciel!"
Puis il sourit aussi. Ces phrases d'une tournure bien trop formelle, sont destinées avant tout aux gens à côté qui écoutent ; leur vrai langage est leur sourire. Oui, c'est seulement par le sourire que désormais ils pourront communiquer.
Extrait de L'eternité n'est pas de trop, François Cheng, ed. le livre de poche, 2003.
Jane Austen, de son côté, a connu un amour impossible dans sa vie, avec Thomas Langlois Lefroy.
Elle
a écrit, suite à cette contrainte du destin et pour consoler son
chagrin, des romans innovants pour son époque avec des personnages
vivants et pétillants.
Sa créativité s'est exprimée , en ce sens elle s'est réalisée. Mais, tout au cours de sa vie, la maladie l'a accompagnée et elle est décédée à 42 ans. Un âge qui n'est pas un hasard mais une conséquence du chagrin qu'elle avait vécu à ses 21 ans dans la fatalité.
Elle
a écrit, suite à cette contrainte du destin et pour consoler son
chagrin, des romans innovants pour son époque avec des personnages
vivants et pétillants.Sa créativité s'est exprimée , en ce sens elle s'est réalisée. Mais, tout au cours de sa vie, la maladie l'a accompagnée et elle est décédée à 42 ans. Un âge qui n'est pas un hasard mais une conséquence du chagrin qu'elle avait vécu à ses 21 ans dans la fatalité.
Aujourd'hui, il existe un moyen, car la fatalité n'est jamais la solution. Je dis souvent aux personnes que j'accompagne en plaisantant :
"Nous expérimentons sur terre différents types d'amour et si nous devions diviser l'amour en 100%, ce serait ainsi :
- 20 % de l'amour pour le couple
-20 % de l'amour pour sa famille, ses enfants
-20% de l'amour pour soi-même
-20 % de l'amour pour l'humanité et ses amis,
- 20% d'amour inconditionnel et spirituel "
Même si dans le ressenti intérieur, l'élan naturel est de vivre chacun de ces amours à 100 %, comme si toute notre existence dépendait de cela. Cependant on comprend bien qu'un seul type d'amour ne peut pas tout apporter et que la vie offre la possibilité de découvrir ces différentes amours qui peuvent être vécues dans la loyauté et la fidélité.
- 20 % de l'amour pour le couple
-20 % de l'amour pour sa famille, ses enfants
-20% de l'amour pour soi-même
-20 % de l'amour pour l'humanité et ses amis,
- 20% d'amour inconditionnel et spirituel "
Même si dans le ressenti intérieur, l'élan naturel est de vivre chacun de ces amours à 100 %, comme si toute notre existence dépendait de cela. Cependant on comprend bien qu'un seul type d'amour ne peut pas tout apporter et que la vie offre la possibilité de découvrir ces différentes amours qui peuvent être vécues dans la loyauté et la fidélité.
Ainsi, lorsqu'un domaine est fragilisé, les autres dimensions de l'amour peuvent vous soutenir et vous réconforter.
"Vous êtes trop généreuse pour jouer avec mes sentiments" disait Mr. Darcy à cette chère
Élisabeth Bennett,
qui n'en avait aucunement l'intention, dans "Orgueils et préjugés."
Effectivement, il vaut mieux ne jamais jouer avec les sentiments des
autres, ce type de comportement manipulateur est destructeur. Mieux
opter pour la sincérité comme le préconise Francois Cheng : "(...) un
dialogue exige des intervenants qu'ils dépassent les apparences et
qu'ils acceptent de plonger dans la profondeur de leur être (...) La sincérité de la réponse en constitue l'intérêt".
Élisabeth Bennett,
qui n'en avait aucunement l'intention, dans "Orgueils et préjugés."
Effectivement, il vaut mieux ne jamais jouer avec les sentiments des
autres, ce type de comportement manipulateur est destructeur. Mieux
opter pour la sincérité comme le préconise Francois Cheng : "(...) un
dialogue exige des intervenants qu'ils dépassent les apparences et
qu'ils acceptent de plonger dans la profondeur de leur être (...) La sincérité de la réponse en constitue l'intérêt".
Aujourd'hui, le temps de Roméo et Juliette contraints de passer par
leur mort physique pour se retrouver, semble révolu. Le XXIe siècle a
besoin de comprendre le sens de ces amours impossibles, et de voir
comment elles se subliment. Ces dernières unissent très souvent des
âmes-soeurs ou des âmes-jumelles et leur manque réciproque est parfois très dur à vivre. Mais
ces âmes-là ont fait le choix d'une évolution spirituelle dans cette
vie. Aussi, vivent-elles leur amour en secret et leur souffrance n'a de
sens que pour apprendre à aimer sans retour et sans attente. C'est un
des chemins le plus difficile car le chagrin et le manque sont
redoutables et physiquement éprouvants, mais l'amour de leurs âmes est
infini. Cet amour-là conduit à une grande sérénité, un détachement d'une
grande beauté et un respect mutuel et sincère, une vraie force de vie.
Il suffit d'une compréhension réciproque et d'une profonde sincérité
pour que la douleur soit moins forte, voire totalement guérie.
mercredi 22 février 2017
Voyez chère amie, vous n'êtes pas seule...
"Comme à chaque fois, mon coeur bondit et mon âme s'emplit de gratitude".
F. Cheng
(...) Voyez chère amie, vous n'êtes pas seule.
Et nous ne sommes pas seuls, tous deux à savoir que nous avons une âme, à ne pas négliger cette partie irremplaçable qui est notre être même. Elle est précieuse aussi bien pour soi que pour les autres êtres rendus inaliénables par le miracle de la rencontre, un miracle qui ne peut se produire que grâce à l'intelligence du cœur, autrement dit à l'amour.
Et cela ne nous dispense absolument pas de relever le défi radical qui nous est lancé, plus que jamais d'actualité : dévisager le mal. Son œuvre fait irruption dans notre quotidien à travers les attentats, les guerres et la misère de tant d'êtres humains écrasés par la cupidité de quelques uns. Nous devons solliciter toutes les capacités de notre esprit pour analyser cette situation de chaos, sans jamais cesser de sonder la part d'abîme que porte l'âme humaine, afin de pouvoir l'extirper. Car il y a des instances du politique et de l'économie où nous devons défendre les droits de l'intelligence et de la justice, mais il y a aussi ce fond d'âme humaine qu'ont scruté un Dante et à sa suite un Shakespeare, un Hugo et un Dostoïevski et tant d'autres encore, notamment celles et ceux qui à l'image du Christ l'ont affronté au prix de leur vie. C'est seulement ainsi que la part de lumière de notre âme a une chance d'émerger réellement,
je vous redis toute mon amitié,
FC
De l'Ame, F. Cheng, p. 83 et 84, ed. Albin Michel.
F. Cheng
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| Peinture de Shitao |
Et nous ne sommes pas seuls, tous deux à savoir que nous avons une âme, à ne pas négliger cette partie irremplaçable qui est notre être même. Elle est précieuse aussi bien pour soi que pour les autres êtres rendus inaliénables par le miracle de la rencontre, un miracle qui ne peut se produire que grâce à l'intelligence du cœur, autrement dit à l'amour.
Et cela ne nous dispense absolument pas de relever le défi radical qui nous est lancé, plus que jamais d'actualité : dévisager le mal. Son œuvre fait irruption dans notre quotidien à travers les attentats, les guerres et la misère de tant d'êtres humains écrasés par la cupidité de quelques uns. Nous devons solliciter toutes les capacités de notre esprit pour analyser cette situation de chaos, sans jamais cesser de sonder la part d'abîme que porte l'âme humaine, afin de pouvoir l'extirper. Car il y a des instances du politique et de l'économie où nous devons défendre les droits de l'intelligence et de la justice, mais il y a aussi ce fond d'âme humaine qu'ont scruté un Dante et à sa suite un Shakespeare, un Hugo et un Dostoïevski et tant d'autres encore, notamment celles et ceux qui à l'image du Christ l'ont affronté au prix de leur vie. C'est seulement ainsi que la part de lumière de notre âme a une chance d'émerger réellement,
je vous redis toute mon amitié,
FC
De l'Ame, F. Cheng, p. 83 et 84, ed. Albin Michel.
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