mercredi 7 mars 2018

Voler de nuit...


Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut 

 
(...)
Je rêve dans mon ciel solitaire
Qu’on soit tous un peu solidaire
Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
Voler de nuit, voir ce qui nous unis
Sonner l’écho que nous sommes tous égaux
Vu d’en haut ces frontières, ces lignes qui nous écartent
Ne sont que des dessins, des traits sur la carte
Derrière chaque maison, des gens rêvent, des gens s’aiment
C’est beau vu d’avion qu’on a l’air tous les mêmes
Je pense à ça dans mon ciel si vide
En bas éclatent des guerres civiles
Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
Voler de nuit, voir ce qui nous unis
Sonner l’écho que les hommes sont égaux
Si je suis descendu, je ne regretterai rien
J’étais fait pour planter des fleurs dans un jardin
Certain soir il me semble entendre dans le cockpit
Comme une voix d’enfant entre les parasites
Un enfant qui dit s’il vous plait… Monsieur, dessine-moi la paix
Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
Voler de nuit, voir ce qui nous unis
Rêver dans l’ombre le réveil du monde

Calogero, liberté chérie, dernier album



mercredi 31 janvier 2018

May the force be with you dans l'ombre et dans la lumière...

 " Dans les plus noires profondeurs, réside le mystère d'un incommensurable Amour, un coeur de lumière déposé là par l'alchimiste divin...le soleil de minuit."
Marie Elia.

"May the fourth be with you" est le 4 mai, jour d'anniversaire pour les fans de Star Wars, il se prête bien dans son énergie au "retournement et à la transformation".

 Maître Yoda.
Tout au cours de notre vie et de nos épreuves traversées, il est incontournable de descendre dans nos profondeurs pour aller y rencontrer notre ombre :  cette partie de nous dont on a peur, que l'on souhaite ignorer ou mépriser, avec laquelle on se bat parfois.
 




Luke, dans la grotte sur Dagobah, rencontre son ombre.
Dans Star Wars, Luke Skyvalker la rencontre une première fois dans la grotte, sur Dagobah, sous l'apparence de Dark Vador, il la terrasse et découvre son propre visage. Il comprend que ce n'est pas le chemin. On le retrouve dans le combat final, très éprouvant, qui l'oppose à Dark Vador. Mais là, Luke ne bascule pas, il reste dans la Foi en lui, en ses amis, en la Force. La compassion pour son père lui fait adopter une attitude très michaélique (de l'Archange Michael qui maitrise le dragon), il maîtrise le mal mais ne le tue pas. Il n'en a plus peur. L'amour de Luke sauve son père, Dark Vador, qui bascule dans la lumière, donne plus de puissance à la Force et finit par anéantir l'Empereur réalisant ainsi la prophétie.
Cet exemple est, d'une certaine façon, universel. Il nous révèle le chemin, en chacun de nous, qui est celui d'aimer son ombre en apprenant à maîtriser ses peurs afin de se rapprocher de l'unité de son être. Cette unité en nous, qui unie l'ombre et la lumière dans l'amour, nous relie à nos racines profondes et ouvre notre conscience au subtil et au sensible. Nous devenons, à l'image de l'arbre qui se lie à la terre par ses racines et au ciel par ses branches, un être attentif à la résonance de son monde et à la beauté divine.

En ce sens,  Sylvia Uro, très sensible à ce questionnement, nous propose son texte. On y découvre la valeur de la présence de cette ombre sans laquelle on ne pourrait évoluer :
 "Je voudrais renaître le cœur léger comme un oiseau… La méfiance et la rancœur sont d’infimes vers qui dans la fougue de la jeunesse s’insinuent dans les moindres recoins de nos profondeurs. Elles les tapissent d’un noir limon que les vies suivantes peinent à chasser. C’est alors que, comme résonnant au rythme de cette haine, les évènements qui se présentent à nous s’habillent aux couleurs sombres de ce limon putride. Pourtant, si l’homme empli de ces obscurs sentiments accepte la lumière qui lui est offerte pour mieux les contempler, ces sédiments se transforment en une terre d’une incroyable fertilité. Ainsi, l’homme qui a vu son âme mortifiée, se voit réchauffé par la grâce divine.
Mais le chemin peut prendre plusieurs vies."
Extrait de " Récit d’un chemin de vie", Sylvia Uro.


Calligraphie de François Cheng.
Ce magnifique texte évoque la profondeur obscure que l'âme humaine explore au cours de son chemin afin d'évoluer vers la fin de la dualité entre l'ombre et la lumière. L'homme, ainsi réuni,  apprend à aimer son ombre, y voit luire le "soleil de minuit" qui éclaire les parties obscures de son être. Cette rencontre avec sa splendeur* le conduit à un  état de grâce qui le rend plus divin.
En acceptant la fin de l'illusion de la dualité entre l'ombre et la lumière, on comprend que le chemin parcouru est le plus important car c'est là que nous évoluons, avons la chance de nous transformer et finalement de nous rencontrer vraiment. 

Une telle conscience crée indéniablement plus de lumière :
"Au coeur de la mer de souffrance, il suffit de se retourner au moment décisif pour apercevoir la rive. Tourner la tête ne suffit pas il faut retourner tout son être."
 "Quand le souffle devient vie", Francois Cheng, ed. l'iconoclaste.

* Rencontre avec la splendeur, Marie Elia, ed. Altesse, 1999.

mercredi 24 janvier 2018

Le jour où je me suis aimé pour de vrai.

 Ce texte, de Kim et Alison Mc Millen, a été lu par Charlie Chaplin le jour de son 70e anniversaire

« Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris qu'en toutes circonstances, j'étais à la bonne place, au bon moment.
Et, alors, j'ai pu me relaxer.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle, n'étaient rien d'autre qu'un signal quand je vais contre mes convictions.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle..... Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de vouloir une vie différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive, contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à percevoir l'abus dans le fait de forcer une situation, ou une personne, dans le seul but d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m'était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l'égoïsme.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé d'avoir peur du temps libre et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les Méga- projets du futur.
Aujourd'hui je fais ce qui est correct, ce que j'aime, quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de chercher d'avoir toujours raison, et me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd'hui j'ai découvert... Humilité.

Aujourd’hui je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui je vis une seule journée à la fois. Et ça s’appelle….. Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci est…. Savoir vivre.

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter...

... Du chaos naissent les étoiles."

Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir.

lundi 18 décembre 2017

Apprendiendo

Après quelque temps,
Tu apprendras la différence entre tendre la main et retenir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.
Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…
Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.
Après un certain temps,
Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.
Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.
Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.
Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.
Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.
Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…
Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.
Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.
Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…
Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.
Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.
Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.
Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.
Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.
Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.
Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.
Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!
Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.
Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…
Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…
Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…
Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner.
Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les autres te portent des fleurs…
Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer !

C'est que la vie n'a de valeur que si tu crois en ta valeur pour apprendre à l'aimer.

Traduction du texte Jorge Luis Borges et dernière phrase interprétée

dimanche 3 décembre 2017

La légimité d'être unique

Le petit enfant, dans son monde émotionnel, fait de nombreuses fois l'expérience du beau, par exemple, lorsqu'il voit la neige, pour la première fois. Ces instants-là sont des moments uniques, des instants de grâce.
Si nous perdons, plus tard, l'expérience de l'unique enfermés dans la course à la comparaison, la compétitivité, la recherche de la performance, nous perdons une partie de nous-mêmes.
L'intérêt majeur d'introduire dès l'enfance le processus artistique naturel dans la pédagogie est de pouvoir donner à l'être le sentiment de la légitimité de son unicité.
Il ne faut surtout pas confondre le fait d'être unique et celui d'être égocentrique. L'égocentrisme se construit sur la peur de ne pas être aimé pour ce que l'on est. Le sentiment d'être unique et légitime donne l'assurance de se sentir aimé tel que l'on est. On trouve plus facilement sa place dans ce monde, avec moins de souffrances et en faisant moins de dégâts, car c'est en étant conscient de la nécessité de notre présence indispensable que nos oeuvres prennent plus de force. Elles sont un prolongement de nous-mêmes, de notre être en action sur cette terre et de notre âme en quête d'expériences et de transformations.
Plus tôt, le processus artistique est intégré, plus vite l'être peut se faire confiance et libérer son imagination créative. Celle-ci lui fera retrouver, à travers la création, l'âme du petit enfant, revivre des moments uniques et ainsi retrouver, par instant, un état de grâce originelle.

Libérer sa créativité ne veut pas dire devenir un artiste mais exister sans douter de sa place, en se faisant confiance, en se laissant guider par ses émotions, ses sentiments profonds, en les écoutant. On comprend mieux ainsi la nécessité de faire son propre chemin sans se comparer.  On vit la légitimité d'être unique en ce monde pour se construire, comme un arbre qui s'élance relié à la terre et au ciel et qui grandit.

vendredi 1 décembre 2017

On ne serait être unique si les autres ne le sont pas...


On  ne serait être unique si les autres ne le sont pas. L'être  en question ne serait alors qu'un échantillon bizarre. L'unicité de chacun réplique qu'elle est un fait universel. Force nous est de constater ce paradoxe : unicité est à voir avec l'universalité. Un paradoxe qui n'en est pas un, au contraire, il est dans la logique des choses, car plus on est unique soi-même, plus on doit avoir le sens de l'autre en tant qu'unicité et plus on est capable d'accorder à l'autre respect et valeur. C'est même la base à partir de laquelle est la possibilité de l'amour.

De l'Âme, de François Cheng.


mardi 7 novembre 2017

L'amour dans l'âme...

  
 Extrait  du livre

7 septembre

Rilke écrit dans une lettre à Antoinette de Bonstetten : décidément , sa Correspondance m'est d'un enseignement inépuisable : "l'autre n'est toujours qu'un détour vers nous". Comme s'il nous fallait mettre nos idées au clair en livrant à l'autre notre tête à tête avec nous-mêmes, au fond... Ainsi, parfois des âmes se répondent d'un instant à l'autre, d'une éternité à l'autre, sans avoir conscience même de ce dialogue qui n'appartient qu"à la Conscience suprême - me voilà dans mon emphase habituelle, dirait-on, dans ce que d'aucuns nommeront de grands mots. Maladresse sans doute, mais profonde vérité.

Je lis en russe un poème de Marina Tsavétaïeva, qui écrit : "A l'heure profonde de l'äme...", et c'est l'heure de chacun, dans les temps de bouleversement et de détresse, aussi j'ai envie de prolonger sa méditation par ces mots de Rilke, puisque leurs pensées se ressemblent tellement, et veulent parfois s'épouser, d'une langue à l'autre : "A qui demander le secret de nous-mêmes ?" Et là, face à la beauté de la vie, face à ma recherche de vérité, que m'importent des restrictions de liberté matérielle, de pain ou des limites injustes, plus fallacieuses que réellement mensongères ? 

Etty Hillesum par Olympia Alberti

lundi 9 octobre 2017

La beauté au fil des jours...

"J'ai été très tôt sensible à ce qui pourrait nous sauver, alors même que je n'avais qu'une conscience obscure de ce qui pouvait me perdre; Si l'arc-en-ciel qui succède  à la pluie est splendide, celui qui naît de notre conscience de sa beauté est incomparable" (C.Bobin, la lumière du monde).

Manessier
Cette conscience de la beauté est une respiration divine. On regarde la mer sans entendre les bruits au loin. Dans le  silence et sans attente, la communion se fait et ce partage glisse doucement à l'intérieur de soi comme une présence silencieuse qui remplit de plénitude.
Il en va de même, chaque jour, de la beauté des synchronicités, des analogies et des mots qui résonnent au hasard  et qui viennent s'enfiler comme des perles sur le fil de nos histoires.
Cette beauté invisible est tout aussi profonde et se glisse dans les méandres de la vie. C'est au fil des jours dépourvus d"intentions que les réponses se font les plus vibrantes. Elles creusent leur sillage  dans le secret de notre terre intérieure pour dessiner la trace de la prochaine destination.  Tourné vers  l'inconnu rempli de promesses, on échappe, balloté, au naufrage de nos doutes.

mercredi 19 juillet 2017

Grands-Pas

Voyez le soleil qui se couche dans un grand incendie ! C'est la fin de la chute de bien des choses et d'un changement dans les fortunes du monde.  
Aragorn

Minas Tirith
Grands-Pas est, au début du Seigneur des Anneaux, un homme bien mystérieux. Il arpente les chemins forgeant ainsi son expérience de la vie et des batailles avec un réalisme sans détour. Cet homme là ne connaît pas ses origines qui restent cachées jusqu'à ses 20 ans.
Il y a dans le personnage de Grands-Pas à la fois un mystère qui fascine et un respect qui éclaire notre dignité intérieure. Lorsque l'on sait renoncer à tout et que l'on ne craint rien, on peut cheminer longtemps. La résistance est sans appel et le chef des Dunedain du Nord est endurant. Il ne se rabaisse jamais à de petites mesquineries car il a bien trop de respect pour le sens du devoir. Il ne s'attribue pas non plus le succès des autres pour briller. Et si Aragorn se révèle au grand jour sous la couronne de Minas Tirith c'est pour redonner force à l'arbre blanc, celui de la vie,  et prospérité au royaume du Gondor.

Le renoncement demande une volonté inouïe et c'est ici que l'on peut se demander si Grands-Pas n'est pas le précurseur de certains esprits éclairés qui, plus tard, trouveront dans cette énergie la force qui maintient l'Univers.

Grands-Pas est discret mais sait se faire entendre. Il sait motiver ses troupes et accepte même de s'allier aux mercenaires fantômes pour combattre les forces obscures  qui anéantissent la terre du Milieu. La particularité d'un tel personnage est sa connaissance du royaume elfique et sa nature loyale. Il rassure car sa transparence et sa sincérité n'ont jamais connu de corruptions. Il avance sans jamais s'arrêter. Tout au long de son chemin, son austérité et son sérieux prennent du sens. C'est un homme qui ne s'arrête jamais et qui avance sans détour. Dans ces temps de menaces et de tensions conflictuelles, il sait que seuls les liens solides et stables contribueront à la bonne marche vers la restauration de la paix. Sa victoire, devant les portes du Mordor, donnera raison à son courage.

A l'image de Grands-Pas, on se trouve aussi parfois face à son destin. L'opportunité de se révéler est alors offerte afin d'y découvrir sa royauté intérieure. En effet, la vraie royauté n'est pas  toujours celle qui affiche le plus d'éclat car l'or, s'il n'est pas lumière, peut corrompre et asservir. Mais devant l'Anneau de pouvoir,  ni le coeur, ni l'âme de cet homme n'auront jamais fléchi.
Il y a certainement au fond de  chacun de nous un petit peu de son histoire, du moins l'intention simple et sincère de résister aux pièges des  petites trahisons des uns et des autres et de se concentrer loyalement aux tâches à accomplir.

Aragorn hérite de la sagesse de Grands-Pas, comme nous pouvons tous hériter de la richesse des aléas de notre vie : "Pas comme un mendiant, dit Aargorn, dites plutôt comme le Capitaine des rodeurs, qui sont peu accoutumés aux villes et aux maisons de pierres."
Ainsi, c'est en s'acceptant pleinement tel que l'on est que l'on arrive naturellement  à ce sentiment profond d'estime de soi pour demeurer fidèle à son destin. C'est aussi dans cette pleine et entière acceptation que l'on traverse sa vie sans essayer d'y échapper. C'est enfin sachant parfois renoncer à ce qui pourtant semble nous revenir de droit que l'on se découvre vraiment, qu'émerge une vraie maturité qui repousse toutes formes d'avidité, une sagesse offerte au monde qui permet de grandir.

mardi 11 juillet 2017

Et chacun y a sa place...

Le monde entier est un théâtre. Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles.

William Shakespeare