A l'infini : ici à l'image de l'âme qui, de vie en vie, revient vivre de nouvelles expériences et qui va, au travers des aléas de l'existence, se transformer.
Au-delà : pour rappeler les liens qui se tissent chaque jour entre le visible et l'invisible.
Dans son livre, pourquoi trop penser rend manipulable, Christel Petitcolin donne une définition de la honte chez les victimes. Elle rappelle, par ailleurs, que les manipulateurs qui ont, eux mêmes subis des traumatismes, restent bloqués émotionnellement à l'âge de leurs traumatismes 4, 8, 12 ans. Comme un enfant qui ne mesure pas totalement la conséquence de ses actes, ils ( ou elles) sont capables d'actes répressibles et dangereux pour les autres allant de la mesquinerie au sabordage volontaire, plus gravement à l'agression.
Extrait : J'ai récemment trouvé une définition de la honte qui m'a ouvert des horizons ensoleillé pour la guérison : la honte, c'est ressentir le regard d'un prédateur poser sur soi. (...) la victime de viol a honte, l'enfant battu a honte, la personne moquée a honte. C'est le fait d'être sous le regard ( et les agissements) d'une personne déshumanisée qui déshumanise. La honte est le sentiment de ne pas avoir le droit d'être un humain. Cela arrive quand on est traité comme un objet ou un animal. Cette honte ne vous appartient pas c'est le violeur, le moqueur, l'agresseur qui doit avoir honte. Pas sa victime.
Je parcours avec beaucoup d'intérêt et de respect le livre de Thich Nhat Hanh, grand maître bouddhiste, intitulé "prendre soin de l'enfant intérieur", faire la paix avec soi.
Dans ce livre, il y a un point qui m'a éclairé, c'est celui des liens " inter-être" :
"Le terme inter-être est cher à Thich Nhat Hanh ; il
utilise très fréquemment pour illustrer que tout dans l'univers est
relié, que rien n'existe par soi et que tout être, toute chose dépend de
multiples conditions pour exister (pages 31à 35).
(...)Dans notre vie
quotidienne, nous produisons des pensées, des paroles, des actions.
Chacune de nos pensées porte notre signature. (...)la pensée "juste "
est une pensée issue de la compréhension, de la compassion et de la
vision profonde. (...) Nos actions physiques portent également notre
signature. Ainsi, toute action que nous posons et qui contribue à
protéger la vie, à apaiser la souffrance d'autres personnes et qui
exprime notre compréhension et notre compassion peut être qualifié
d'action juste.
(....) C'est ainsi que nous créons notre propre
futur, en offrant nos meilleures pensées, nos meilleures paroles, nos
plus belles actions".
Nous
sommes tous des êtres uniques mais néanmoins reliés les uns aux autres
par nos vies actuelles mais aussi nos vies passées, plus ou moins
lointaines, parfois très lointaines.
De mon côté, optant pour
une spiritualité libre et universelle, indépendante de toute religion ,
je dirai que "la pleine conscience" nous invite à instaurer un lien conscient avec l'essence de
notre être.
Vivre en conscience serait ne jamais oublier le lien en nous entre ce que nous sommes aujourd'hui, au fil des jours et ce que nous sommes au fond de nous depuis toujours.
L'enfant
intérieur décrit par Thich Nhat Han, c'est notre être profond, la
partie la plus intime et spirituelle de notre âme. Aussi le lien à cet enfant
intérieur est très précieux car il a pu être abimé.
Les
traumatismes de la petite enfance nous font retrouver ces blessures
profondes et passées. À partir, de ces "plaies," que nous réparons, nous guérissons nos maux profonds ce qui nous aident à sortir de nos blocages.
L'idée est d'examiner avec soin nos sentiments
d'aujourd'hui pour l'enfant que nous avons été hier : s'agit-il de
rejet, de tristesse, d'indifférence, d'oubli ou d'affection, de tendresse, d'amour,
de compassion.
Parfois, c'est ici que nous avons besoin d'être accompagné pour restaurer le dialogue libérateur.
Toute notre transformation réside dans la restauration de ces liens intérieurs : " transformer mon rejet en accueil, éprouver de la compassion pour la tristesse de l'enfant que j'ai été dans telle ou telle situation, me consoler aujourd'hui de mes erreurs..."
Ces sentiments bienveillants transforment l'être dans ses profondeurs et ainsi, à la fin de chacune de nos vies, nous repartons enrichis de plus de tolérance, d'amour, de compassion...
Dans ce livre, l'idée
de "l'inter-être" est intéressante car elle nous conforte dans le fait que nos liens sont bien vivants et
nos ressentis les uns pour les autres légitimes, même à distance.
On naît dans la confusion et nous cherchons à en sortir, à exister dans notre individualité et en autonomie. Mais
ce que Thich Nhat Han préconise c'est qu'il faut aussi accepter les
liens qui nous unissent aux êtres et aux choses. Ces êtres sont tout aussi
bien les personnes qui remplissent nos vies, que nos
ancêtres ou nos défunts. Mais j'ajouterai aussi les êtres que l'on retrouve, parfois juste un moment, et avec lesquels on a vécu des liens dans d'autres vies et au travers desquels on continue de se transformer et de se construire, plus ou moins consciemment.
Ces
liens là sont, pour moi, essentiellement d'essence spirituelle.
Aussi, peut-être nous faut-il réconforter notre enfant intérieur dont la sagesse est infinie en lui exprimant la légitimité de son
ressenti, de sa tristesse et de sa solitude. C'est ainsi que l'on se relie à la vie et que nos actions deviennent plus lumineuses, porteuses de plus d'harmonie.
Peut-être s'agit-il d'un besoin de compassion, d'un besoin d'écoute, quelque part inavoué ? La sollicitude de nos êtres profonds entre eux, leur sensibilité et leur sincérité oeuvrent bien au-delà des apparences matérielles. La reconnaissance de cet état permet d'ouvrir notre conscience à l'idée que nos souffrances sont aussi reliées, nous pouvons les partager, nous ne sommes pas isolés et seuls au monde.
L'idée de ne pas être seul au monde permet de retrouver le chemin de la joie et la joie est l' essence même de la vie. Dans l'instant présent, elle devient une force qui nous transporte et il est vrai que nos actions les plus justes sont souvent les plus joyeuses.
La simplicité, l'humilité, l'amour et la compassion incarnés.
De cet amour qui ne juge pas, qui n'a pas de condition et qui rayonne "à l 'infini et au-delà."
De cette compassion qui accueille, qui comprend et qui répare les douleurs les plus profondes, les plus secrètes.
On repart le cœur rempli d'amour après le darshan d'Amma, d'un amour inconditionnel si grand qu'on ne peut s'empêcher de le partager dans nos pensées et dans le cœur avec tous ceux qu'on aime et qui ne sont pas là. On repart émus, plus confiants, grandis et plus sages aussi. Avec la sensation profonde et durable d'être une infime partie de cet Amour.
La
simplicité du bébé, c'est la gratuité. Il est "offert" sans protection.
Bafouer la confiance d'un enfant est désastreux et ignoble. Le petit
enfant est un maître en humanité car il vit dans le présent. Céleste ne
se prépare pas à vivre : elle vit. La gratuité est déjà donnée. Je n'ai qu'à tendre les bras.
Alexandre jollien, Petit traité de l'abandon, p.81, ed. points.
La
véritable intelligence avance dans la lumière (...) mais la valeur d'un
homme ne se joue pas sur la crête de l'intelligence analytique. Au
fond, la somme théologique de Saint Thomas d'Aquin ou la recherche du
temps perdu, ce n'est pas plus important que de sauter à la corde, on
sent la pulsation pure du temps. J'ai passé une dizaine d'années à me
promener avec des enfants et cela équivalait à des études théologiques.
S'il y avait pour moi une sagesse, ce serait l'art d'être là pleinement
avec une attention extrême et soutenue. C'est pour cela que les enfants
me fascinent, par ce don qu'ils ont d'être pleinement là, dans le pur
présent.
Voler de nuit comme St Exupéry Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
(...)
Je rêve dans mon ciel solitaire
Qu’on soit tous un peu solidaire
Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
Voler de nuit, voir ce qui nous unis
Sonner l’écho que nous sommes tous égaux
Vu d’en haut ces frontières, ces lignes qui nous écartent
Ne sont que des dessins, des traits sur la carte
Derrière chaque maison, des gens rêvent, des gens s’aiment
C’est beau vu d’avion qu’on a l’air tous les mêmes
Je pense à ça dans mon ciel si vide
En bas éclatent des guerres civiles
Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
Voler de nuit, voir ce qui nous unis
Sonner l’écho que les hommes sont égaux
Si je suis descendu, je ne regretterai rien
J’étais fait pour planter des fleurs dans un jardin
Certain soir il me semble entendre dans le cockpit
Comme une voix d’enfant entre les parasites
Un enfant qui dit s’il vous plait… Monsieur, dessine-moi la paix
Voler de nuit comme St Exupéry
Voir le monde d’en haut sans le prendre de haut
Voler de nuit, voir ce qui nous unis
Rêver dans l’ombre le réveil du monde
" Dans les plus noires profondeurs, réside le mystère d'un incommensurable Amour, un coeur de lumière déposé là par l'alchimiste divin...le soleil de minuit." Marie Elia.
"May the fourth be with you" est le 4 mai, jour
d'anniversaire pour les fans de Star Wars, il se prête bien dans son énergie au "retournement
et à la transformation".
Maître Yoda.
Tout au cours de notre vie et de nos
épreuves traversées, il est incontournable de descendre dans nos
profondeurs pour aller y rencontrer notre ombre : cette partie de nous
dont on a peur, que l'on souhaite ignorer ou mépriser, avec laquelle on
se bat parfois.
Luke, dans la grotte sur Dagobah, rencontre son ombre.
Dans Star Wars, Luke Skyvalker la rencontre une première fois dans la grotte, sur Dagobah, sous
l'apparence de Dark Vador, il la terrasse et découvre son propre visage. Il comprend que ce n'est pas le
chemin. On le retrouve dans le combat final, très éprouvant, qui l'oppose à Dark Vador. Mais là, Luke ne
bascule pas, il reste dans la Foi en lui, en ses amis, en la Force. La compassion pour son père lui fait adopter
une attitude très michaélique (de l'Archange Michael qui maitrise le dragon), il maîtrise le
mal mais ne le tue pas. Il n'en a plus peur. L'amour de Luke sauve son père, Dark Vador, qui bascule dans la
lumière, donne plus de puissance à la Force et finit par anéantir l'Empereur réalisant ainsi la prophétie.
Cet exemple est,
d'une certaine façon, universel. Il nous révèle le chemin, en chacun de
nous, qui est celui d'aimer son ombre en apprenant à maîtriser ses
peurs afin de se rapprocher de l'unité de son être. Cette unité en
nous, qui unie l'ombre et la lumière dans l'amour, nous relie à nos
racines profondes et ouvre notre conscience au subtil et au sensible.
Nous devenons, à l'image de l'arbre qui se lie à la terre par ses
racines et au ciel par ses branches, un être attentif à la résonance de
son monde et à la beauté divine. En ce sens,
Sylvia Uro, très sensible à ce questionnement, nous propose son texte.
On y découvre la valeur de la présence de cette ombre sans laquelle on
ne pourrait évoluer : "Je voudrais renaître le cœur léger comme un oiseau… La méfiance et la
rancœur sont d’infimes vers qui dans la fougue de la jeunesse
s’insinuent dans les moindres recoins de
nos profondeurs. Elles les tapissent d’un noir limon que les vies
suivantes peinent à chasser. C’est alors que, comme résonnant au rythme
de cette haine, les évènements qui se présentent à nous s’habillent aux
couleurs sombres de ce limon putride. Pourtant, si l’homme empli de ces
obscurs sentiments accepte la lumière qui lui est offerte pour mieux les
contempler, ces sédiments se transforment en une terre d’une incroyable
fertilité. Ainsi, l’homme qui a vu son âme mortifiée, se voit réchauffé
par la grâce divine.
Mais le chemin peut prendre plusieurs vies." Extrait de " Récit d’un chemin de vie", Sylvia Uro.
Calligraphie de François Cheng.
Ce magnifique texte évoque la profondeur obscure que l'âme humaine explore
au cours de son chemin afin d'évoluer vers la fin de la dualité entre
l'ombre et la lumière. L'homme, ainsi réuni, apprend à aimer son ombre, y
voit luire le "soleil de minuit" qui éclaire les parties obscures de
son être. Cette rencontre avec sa splendeur* le conduit à
un état de grâce qui le rend plus divin. En acceptant la fin de l'illusion de la dualité entre l'ombre et la lumière, on comprend
que le chemin parcouru est le plus important car c'est là que nous évoluons, avons la chance de nous
transformer et finalement de nous rencontrer vraiment.
Une telle conscience crée indéniablement plus de
lumière : "Au coeur de
la mer de souffrance, il suffit de se retourner au moment décisif pour
apercevoir la rive. Tourner la tête ne suffit pas il faut retourner tout
son être." "Quand le souffle devient vie", Francois Cheng, ed. l'iconoclaste.
* Rencontre avec la splendeur, Marie Elia, ed. Altesse, 1999.
Ce texte, de Kim et Alison Mc Millen, a été lu par Charlie Chaplin le jour de son 70e anniversaire
« Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai compris qu'en toutes circonstances, j'étais à la bonne place, au bon moment.
Et, alors, j'ai pu me relaxer.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Estime de soi.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai pu percevoir que mon anxiété
et ma souffrance émotionnelle, n'étaient rien d'autre qu'un signal
quand je vais contre mes convictions.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle..... Authenticité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de vouloir une vie
différente et j'ai commencé à voir que tout ce qui m'arrive, contribue à
ma croissance personnelle.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Maturité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à percevoir l'abus
dans le fait de forcer une situation, ou une personne, dans le seul but
d'obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni
moi-même ne sommes prêts et que ce n'est pas le moment.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Respect.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai commencé à me libérer de
tout ce qui ne m'était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui
baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l'égoïsme.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Amour propre.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé d'avoir peur du temps
libre et j'ai arrêté de faire de grands plans, j'ai abandonné les Méga-
projets du futur.
Aujourd'hui je fais ce qui est correct, ce que j'aime, quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd'hui je sais que ça s'appelle.... Simplicité.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de chercher d'avoir
toujours raison, et me suis rendu compte de toutes les fois où je me
suis trompé.
Aujourd'hui j'ai découvert... Humilité.
Aujourd’hui je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui je vis une seule journée à la fois. Et ça s’appelle….. Plénitude.
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse !
Tout ceci est…. Savoir vivre.
Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter...
... Du chaos naissent les étoiles."
Le jour où je me suis aimé pour de vrai, j'ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l'avenir.
Après quelque temps, Tu apprendras la différence entre tendre la main et retenir une âme. Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité. Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses… Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le
terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des
projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses. Après un certain temps, Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop. Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner. Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à
peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu
pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la
séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais
qui compte dans ta vie. Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir. Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur
ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le
plaisir de jouir de sa compagnie. Tu découvriras que souvent nous
prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour
cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car
nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…
Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure,
ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques
responsables de ce que nous faisons. Tu commenceras à comprendre que
nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les
imiter pour nous améliorer. Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court… Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.
Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de
personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate
ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder. Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences. Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.
Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te
piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever. Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues. Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.
Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont
des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une
tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance! Tu
apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en
as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel. Tu
découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme
tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant
qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais
qui ne savent pas comment nous le prouver… Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même… Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné… Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner.
Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver
ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les autres
te portent des fleurs… Alors, et alors seulement, tu sauras ce que
tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller
bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir
avancer !
C'est que la vie n'a de valeur que si tu crois en ta valeur pour apprendre à l'aimer.
Traduction du texte Jorge Luis Borges et dernière phrase interprétée