mercredi 6 juillet 2016

L’art au quotidien : le rôle fondamental de l'art

L’art est un « outil éducatif » majeur qui permet de s’approprier les connaissances par l’expérience et la sensibilité. Puissants stimulants du plaisir d ‘apprendre, de l’intérêt, de la curiosité et de la concentration des élèves, l’art et ses pratiques sont générateurs de confiance en soi, d’esprit d’initiative, de désir de créer et d’intérêt pour la culture de l’humanité en général et de la société d'aujourd'hui.
Toutes les matières à l’étude sont ainsi abordées dans une perspective artistique et vivante, de telle sorte que l’enfant se lie aux activités, s’exprime, développe la relation à l’autre et à la culture, intègre profondément les notions apprises.
Dans la diversité des pratiques artistiques, chaque enfant peut trouver ses préférences, ses dons, ses défis et ainsi croire en ses potentiels.
Les arts de l’espace ou arts plastiques :
peinture, dessin, dessin de forme, modelage, sculpture…
Les arts du temps : musique, élocution, poésie, eurythmie, théâtre…
L’artisanat :
Les travaux manuels avec le tissu, la laine, le bois, l’argile, la pierre sont pratiqués hebdomadairement. Lors d’ateliers artisanaux, les élèves expérimentent le tricot, le feutrage, la vannerie, le tissage, le cartonnage, la reliure, la menuiserie…

samedi 16 avril 2016

À vous toutes, femmes du monde entier, mon salut le plus cordial !

Avec quelques amies récemment, nous évoquions la correspondance de Jean Paul II à Anna-Teresa Tymieniecka et le sens d'un tel échange.
Suite à notre effrénée fanfiction qui nous a révélé comment Victor Hugo aurait pu contribuer à sublimer la fin tragique d'Emma Bovary, on peut tout à fait comprendre sans jugement que Jean Paul II ait pu correspondre avec cette femme philosophe qui lui apporte un autre éclairage. Je suis tombée par hasard sur cette lettre de Jean Paul II pour la Conférence Mondiale de la femme à Pékin et elle m'a vraiment fascinée tellement elle est moderne, ouverte et sensible.
Pour ma part, un tel échange, avec une si haute spiritualité, évoque le lien des âmes soeurs qui doivent incarner dans ce monde une mission grâce à l'équilibre de leur polarité.
Je trouve cette lettre d'une grande beauté, au regard de la révélation de la correspondance, on peut mieux comprendre sa sensibilité. Elle apporte beaucoup de lumière, d'intelligence et c'est intéressant de pouvoir mieux comprendre sans chercher à dégrader des liens spirituels qui portent un amour bien au-delà de leur humanité.

Extrait de la lettre :  des mots encore d'actualités  compte tenu du chemin à parcourir aujourd'hui dans notre monde pour laisser le féminin prendre sa place :

(...) Le féminin réalise l'« humain » tout autant que le fait le masculin, mais selon une harmonique différente et complémentaire.
Lorsque la Genèse parle d'« aide », elle ne fait pas seulement référence au domaine de l'agir, mais aussi à celui de l'être. Le féminin et le masculin sont entre eux complémentaires, non seulement du point de vue physique et psychologique, mais ontologique. C'est seulement grâce à la dualité du
« masculin » et du « féminin » que l'« homme » se réalise pleinement. (...)



Intégralité de la lettre :
https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/letters/1995/documents/hf_jp-ii_let_29061995_women.html

mercredi 6 avril 2016

"Emma : ce double caractère de calcul et de rêverie qui constitue l'être parfait"." Beaudelaire


"... Madame Bovary se donne ; emportée par les sophismes de son imagination, elle se donne magnifiquement, généreusement, d'une manière toute masculine, à des drôles qui ne sont pas égaux , exactement comme des poètes se livrent à des drôlesses... cette femme, en réalité est très sublime dans son espèce , dans son petit milieu et en face de son petit horizon... en somme, cette femme est vraiment grande , elle est surtout pitoyable , et malgré la dureté systématique de l'auteur, qui a fait tous ses efforts pour être absent de son œuvre et pour jouer la fonction d'un montreur de marionnettes, toutes les femmes intellectuelles lui sauront gré d'avoir élevé la femelle à une si haute puissance , si loin de l'animal pur et si près de l'homme idéal, et de l'avoir fait participer à ce double caractère de calcul et de rêverie qui constitue l'être parfait"."

Charles Baudelaire, l'Artiste, 18 octobre 1857.
Sublime Beaudelaire qui résume nos quatre épisodes en 10 lignes. Aucune femme ne peut résister à cette citation. Il a tout compris. Emma Bovary est un homme, c'est la part féminine de Flaubert, tiraillé entre ses instincts et sa difficulté à accéder au spirituel qu'il cherche pourtant et Maupassant lui écrit ces mots : "Monsieur Flaubert, votre patron se nomme Saint Polycarpe, un Saint bien distingué. On dit partout que c’était un brave homme. Mais il paraît qu’il n’était pas très gai." Cependant, il n'a pas la sensibilité spirituelle que Victor Hugo rencontre pendant son exil à travers son exploration de l'inconnu. Aussi, faut-il ajouter que si Emma Bovary est un homme, nous sommes tout à fait conscientes que notre Flaubert et notre Hugo sont des femmes qui, certainement, n'ont fait que décrire leur part masculine et qui ont échappé au bovarysme. Mais cela nous a fait du bien d'avoir proposé à Emma, réhabilitée dans sa dignité, une autre fin possible, plus proche des valeurs de notre XXIe siècle.

jeudi 24 mars 2016

Le temps de la contemplation ou un bout du secret du monde

"Mon destin aura été de vivre célèbre et ignoré , je ne suis connu que de l'inconnu."
Victor Hugo

J'ai appris récemment que Victor Hugo avait été très critiqué par de nombreux hommes de lettres au cours du XIXe et XXe siècle (Jules Lemaître, Emile Faguet, etc.). Ils reconnaissaient la forme sans en saisir la profondeur du fond qu'ils trouvaient creux. Mais à travers, les mots d'Henri Guillemin, une vérité est rétablie : 

"La forme dépend du fond. La métaphore est la trajectoire" : Victor Hugo croit à une analogie entre le monde visible et le monde invisible.
C'est une méthode perforante pour atteindre le secret du monde.
Les mots sont la chair de l'idée et cette chair vit.
Mais le mot est aussi un son. Il y a le sens et le son. Le son d'un mot comporte autour de lui des harmoniques. Autour d'un mot, il y a une aura audible et cette aura possède une puissance de suggestion et d'évocation bien supérieure au simple pouvoir de désignation que le dictionnaire confère au mot."
 Je rajoute, pour ma part, pour tous ceux qui jugent trop vite la sensibilité d'un style qualifié "
de creux",  qu'ils devraient chercher la part d'invisible non perçue afin de ne pas passer à côté d'un bout du secret du monde : 

"Le coeur est la grande prunelle, il y a une pensée au-delà de la pensée. L'intuition est la vigie de la raison, l'espérance a les yeux plus ouverts que l'algèbre, il y a une opiniâtreté insubmersible du moi, et ce que je rendrais à la tombe je sais que ce n'est pas moi."
Victor Hugo.

Henri Guillemin conclut ainsi son exposé :
"Hugo a la même pensée que Pascal, même pensée que Rousseau : 
Si le spectacle de la nature n'indique pas que Dieu existe, il suffit à l'homme de rentrer en lui-même pour sentir, pour pressentir au moins qu'il a au fond de lui, au centre de lui, dans sa substance même une présence".





mardi 29 décembre 2015

Aimons toujours ! Aimons encore !...

Aimons toujours ! Aimons encore
Dessin de Victor Hugo
Quand l'amour s'en va, l'espoir fuit.
L'amour, c'est le cri de l'aurore,
L'amour c'est l'hymne de la nuit.

Ce que le flot dit aux rivages,
Ce que le vent dit aux vieux monts,
Ce que l'astre dit aux nuages,
C'est le mot ineffable : Aimons !

L'amour fait songer, vivre et croire.
Il a pour réchauffer le coeur,
Un rayon de plus que la gloire,
Et ce rayon c'est le bonheur !

Dernier mot manuscrit de Victor Hugo
Aime ! qu'on les loue ou les blâme,
Toujours les grands coeurs aimeront
Joins cette jeunesse de l'âme
A la jeunesse de ton front !


Aime, afin de charmer tes heures !
Afin qu'on voie en tes beaux yeux
Des voluptés intérieures
Le sourire mystérieux !


Aimons-nous toujours davantage !
Unissons-nous mieux chaque jour.
Les arbres croissent en feuillage ;
Que notre âme croisse en amour !
(...)

L'âme en fleur, les contemplations, Victor Hugo, XXII, 1843.

Dessin de V. Hugo

mardi 15 décembre 2015

La magie de l'avent : l'ange Blanc



Le troisième dimanche un ange tout blanc et lumineux descend vers la terre. Il tient dans sa main droite un rayon de soleil qui possède un pouvoir merveilleux. Il va vers tous les humains dans le cœur desquels l'ange rouge avait trouvé de l'amour véritable, et il les touche de son rayon de lumière. Alors cette lumière pénètre dans les cœurs de ces humains et se met à les éclairer et à les réchauffer de l'intérieur.
Et c'est comme si le soleil s'allumait dans leurs yeux et descendait dans leurs mains, dans leurs pieds et dans tout leur corps. Même les plus pauvres, les plus humbles parmi les hommes sont ainsi transformés et commencent à ressembler aux anges, s'ils ont un peu amour pur dans leur cœur.
Mais tout le monde ne voit pas cet ange blanc. Seuls les anges le voient et ceux dont les yeux ont été illuminés par sa lumière. C'est avec cette lumière dans les yeux qu'on peut voir aussi l'amour divin qui entoure la magie du soir de Noël et le petit enfant qui naît dans la crèche.

L'île de Jersey...un lieu mystique



Victor Hugo en Exil à Jersey
Apparition...
poème de Victor Hugo (1802-1885) en exil à Jersey.

Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;
Son vol éblouissant apaisait la tempête,
Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.
- Qu'est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?
Lui dis-je. - Il répondit : - je viens prendre ton âme. -
Et j'eus peur, car je vis que c'était une femme ;
Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :
- Que me restera-t-il ? car tu t'envoleras. -
Il ne répondit pas ; le ciel que l'ombre assiège
S'éteignait... - Si tu prends mon âme, m'écriai-je,
Où l'emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu.
Il se taisait toujours. - Ô passant du ciel bleu,
Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? -
Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,
Et l'ange devint noir, et dit : - Je suis l'amour.
Mais son front sombre était plus charmant que le jour,
Et je voyais, dans l'ombre où brillaient ses prunelles,
Les astres à travers les plumes de ses ailes.

L'île de jersey


À la suite du coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte, futur Napoléon III, en décembre 1851, Victor Hugo passe à l'opposition et quitte la France. Il séjournera près de 19 ans en exil dans les îles anglo-normandes, dont trois à Jersey. Après un court passage à Bruxelles où le pamphlet "Napoléon le petit " l'oblige à quitter la Belgique, Victor Hugo débarque à Jersey le 5 août 1852. Une particularité propre à Jersey est le grand nombre de lieux mystiques (dolmens, pierres philosophales, cimetières). Victor Hugo les fréquenta assidûment pour méditer. En précurseur qu'il était, il tomba lui aussi amoureux de cette île résolument attirante.

mercredi 9 décembre 2015

"Jouer petit ne sert pas le monde".

"Notre plus grande peur n'est pas que nous soyons inadéquats. Notre peur la plus profonde est que nous soyons puissants au-delà de ce qui est mesurable. C'est notre lumière, pas notre obscurité, qui nous effraie le plus.
Nous nous demandons : qui suis-je pour être brillant, merveilleux, talentueux, fabuleux ?
En fait, qui êtes vous pour ne pas l'être ?
Jouer petit ne sert pas le monde.
Se rétrécir devant les autres pour qu'ils ne se sentent pas en insécurité ne fait pas preuve d'une attitude éclairée.
Nous sommes tous voués à briller, comme le sont les enfants.
Nous sommes nés pour manifester la gloire qui est en nous.
Ce n'est pas le sort de quelques-uns d'entre nous, c'est le sort de tout un chacun.
Et quand nous laissons notre propre lumière briller, nous donnons sans en être conscient la possibilité aux autres de faire la même chose.
Quand nous sommes libérés de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres.

Nelson Mandela ( extrait de son discours d'investiture).
Ecrit par Marianne Williamson, extrait de son livre "un retour à l'amour".

mercredi 25 novembre 2015

Symbolisme du nombre 16

Dans le Tao-Tô-King, Lao-Tseu nous résume la vertu du nombre 16 avec toujours la simplicité et l’élégance d’une vision intemporellement juste :
Tout le monde dit que la voie est immense.
Et qu’elle ne peut être comparée à rien d’autre.
C’est précisément par son immensité qu’elle est différente de tout ce que l’on connaît.
Si elle ne l’était pas, depuis longtemps, elle se serait dissipée.
Il y a trois trésors que je garde en moi : Le premier est l’amour.
Le second est la frugalité.
Le troisième l’humilité.
Par l’amour on peut devenir courageux.
Par l’économie naît la générosité.
Par l’humilité on peut atteindre le sommet.
Les hommes n’aiment plus mais ils prétendent être braves.
Ils ont perdu le goût de l’économie mais ils se déclarent généreux.
Ils ont oublié l’humilité et se bousculent pour être les premiers.
C’est une pente qui conduit à la mort.
Si l’on combat par amour l’on sort toujours vainqueur et la ville qu’on défend devient inexpugnable.
Le ciel secourt l’homme qui aime et le rend invulnérable.
Et lui fait un bouclier de sa miséricorde.



vendredi 13 novembre 2015

Les mots Victor Hugo



Le 4 septembre 1870, pendant que l’armée prussienne victorieuse marchait sur Paris, la république fut proclamée. Le 5 septembre, Victor Hugo, absent depuis dix-neuf ans, rentra. Pour que sa rentrée fût silencieuse et solitaire, il prit celui des trains de Bruxelles qui arrive la nuit. Il arriva à Paris à dix heures du soir. Une foule considérable l’attendait à la gare du Nord.
Il adressa au peuple l’allocution qu’on va lire :

"Citoyens, j’avais dit : Le jour où la république rentrera, je rentrerai. Me voici.
Deux grandes choses m’appellent. La première, la république. La seconde, le danger.
Je viens ici faire mon devoir.
Quel est mon devoir ?
C’est le vôtre, c’est celui de tous.
Défendre Paris, garder Paris.

Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde.
Paris est le centre même de l’humanité. Paris est la ville sacrée.

Qui attaque Paris attaque en masse tout le genre humain.
Paris est la capitale de la civilisation, qui n’est ni un royaume, ni un empire, et qui est le genre humain tout entier dans son passé et dans son avenir. Et savez-vous pourquoi Paris est la ville de la civilisation ? C’est parce que Paris est la ville de la révolution.
Qu’une telle ville, qu’un tel chef-lieu, qu’un tel foyer de lumière, qu’un tel centre des esprits, des cœurs et des âmes, qu’un tel cerveau de la pensée universelle puisse être violé, brisé, pris d’assaut, par qui ? Par une invasion sauvage ? Cela ne se peut. Cela ne sera pas. Jamais, jamais, jamais !
Citoyens, Paris triomphera parce qu’il représente l’idée humaine et parce qu’il représente l’instinct populaire.
L’instinct du peuple est toujours d’accord avec l’idéal de la civilisation.
Paris triomphera, mais à une condition : c’est que vous, moi, nous tous qui sommes ici, nous ne serons qu’une seule âme; c’est que nous ne serons qu’un seul soldat et un seul citoyen, un seul citoyen pour aimer Paris, un seul soldat pour le défendre.
À cette condition, d’une part la république une, d’autre part le peuple unanime, Paris triomphera.
Je ne vous demande qu’une chose, l’union !
Par l’union, vous vaincrez.
Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments, soyez unis, vous serez invincibles.
Serrons-nous tous autour de la république en face de l’invasion, et soyons frères. Nous vaincrons.
C’est par la fraternité qu’on sauve la liberté.

{Actes et Paroles/ Depuis l'exil/ Paris 1}